"Marjolaine Pigeon, ou le silence. Ses dessins comme ses gravures nous signalent ce que nous savons au moins depuis Giacometti
: dans ces domaines, le blanc du papier est aussi important que la ligne. C'est de ce blanc qu'émergent -
Emergence, résurgences :
ce titre d'Henri Michaux m'a toujours tellement plu - les mouvements, les traits, les signes qui du tumulte du monde ont été choisis
par l'artiste pour ses entrevisions. Avec très peu d'éléments et beaucoup de travail de gomme, Marjolaine Pigeon, formée à l'Ecole
Nationale Supérieure des Arts Décoratifs, sait évoquer dans ses carnets de voyage à la japonaise, dont certains mériteraient d'être
édités sous forme de fac-similés, le vol d'un oiseau s'ouvrant un chemin dans les airs, le vent sur la
meseta castillane, qui entoure
Madrid, un horizon marin, le marbre de Venise barbotant dans l'eau, une vue panoramique des quais de New York avec ses mouettes
survolant les navires et les gratte-ciel, des visages, encore des visages ... "
Juan Manuel Bonet
Catalogue de la Casa Velazquez, 2005