Un carnet
 

Les carnets sont les lieux de mes pérégrinations, la cartographie de ma géographie intérieure.
Celui-ci s’ouvre sur la phrase Pourquoi suis-je si émue de voir un homme pleurer ? Il exprime la fissure dans la carapace du paraître, un débordement qui donnera à l’homme de vivre un état de dénudation / renaissance dont il sortira transfiguré.
La littérature vient régulièrement nourrir mon travail. Ici, mes dessins font des échos à Vendredi ou les limbes du Pacifique (Michel Tournier) et aux retours de Vendredi dans les eaux sombres dans lesquelles il s’abandonne à ce qu’il y a d’obscur en lui, à Henri d’Ofterdingen, (Novalis) et au jaillissement de la lumière reçue à l’issue du chemin parcouru, à L’exil et le royaume (Camus) et à l’appel à la brèche, à l’ouverture en soi.
Mes figures, dressées devant le sublime, héroïques, et ces lignes verticales gravées sur les photographies m’évoquent l’Axis mundi, l’alignement qui permet de s’unir à la terre et aux cieux.
Ce carnet est le fil d’une réflexion. En miroir se renvoient des images intérieures, qui conjuguent dialectiquement l’infiniment petit et l’infiniment grand, l’être-en-soi et l’être-au-monde, l’infiniment intérieur et l’infiniment ouvert.

M.P.

sans titre (pourquoi suis-je si émue…), Carnet, pastels secs, photographies, 18 x 14 cm (ouvert), 2017