L’ineffable
 

 

  

 

L’ineffable, vidéo, 4 min 43, 2018. 
(photographies noir et blanc Raymond Depardon, Barbara et Mickaël Leisgen)
 

L’ineffable entremêle images d’archives familiales – au-revoirs de la foule lors du départ d’un paquebot – et photographies, réalisées par divers photographes, de figures seules semblant méditer devant le monde.

Les îles font des retrouvailles et des au-revoirs une magnificence. Le cérémonial des départs groupés, d’un lieu dédié, à heure définie, donne la base d’une solennité. La séparation d’avec la terre, d’avec les hommes que l’on quitte, ajoute l’émotion :
Il y a dansces gestes d’au revoir de la gratitude à l’autre, à la rencontre, et au delà, à la vie.

Issues de mon iconographie personnelle, ces photographies présentent d’autres gestes de gratitude à la vie. Les visages ne nous sont jamais montrés, comme pour mieux préserver le mystère qu’est l’autre. De manière anonyme, ces figures de dos nous parlent de présence au monde.

Elles semblent porter en elles un passé qui irradie de manière intemporelle, et être, on ne peut plus, présentes à l’instant. 

Le désir que porte la nostalgie est moins celui d’une éternité immobile que de naissances toujours nouvelles (J-B. Pontalis).

Aux bouffées de nostalgie, bien légitimes, qui pourraient nous faire nous courber sur le passé, ces photographies répondent par une invitation à nous redresser, et à vivre le présent.

M. P.