les Arches, sur un poème de Bernadette Engel-Roux, 2010

 

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Les Arches, porte folio comprenant huit pointes sèches sur papier japonais, ainsi qu’un poème inédit de Bernadette Engel-Roux.

  

 

Ainsi vient l’aube comme vient l’étranger que rien n’annonce, sinon ce souffle à peine vibrant dans l’air, résonance du timbre très lointain du silence contre la nuit, sinon ce vent à peine passant les porches de la ville, invisible frémissement, sinon ce bleu à peine teintant le fin trait d’encre de ses arcades. (…)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Arches, le poème et trois pointes-sèches

 

 

 

ébranlements, 2008, 2010

 

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Ebranlements, huiles sur papier Japon, 43 x 96 cm, 2008.

 

Les quatre dessins présentés ci-dessous, ultérieurs à la série, me semblent pour autant appartenir au thème des Ebranlements.

 Ils  ont été inspirés du poème Decimocuarta poesía vertical, (Quatorzième poésie verticale), de Robert Juarroz, dont voici un extrait (traduction Sivia Baron Supervielle)

 

Un canto se da vuelta 
y se vuelca hacia adentro. 
Toca el sueño del hombre, 
el fluvial laberinto de su sangre, 
la pasión que lo acosa,
la isla del pensar, 
el centro peregrino del amor,
el pálido rincón de las ausencias.El canto lo recorre
como el vuelo de un pájaro.
Y de pronto ese vuelo
se convierte en bandada 
por un cielo olvidado.Cuando vuelve a surgir
no es la voz la que canta.
También cantan las manos, 
la piel, el hombre entero,
su mirada, su sombra.
Y todo se contagia : el infinto canta.
Un chant se retourne
et se verse en dedans.
Il touche le rêve de l’homme,
le labyrinthe fluvial de son sang,
la passion qui le harcèle,
l’île de la pensée,
le centre pèlerin de l’amour,
le pâle coin des absences.Le chant le parcourt
comme le vol d’un oiseau.
Et subitement ce vol
se convertit en nuée
dans un ciel oublié.Lorsqu’il surgit à nouveau,
la voix n’est pas celle qui chante.
Les mains chantent aussi,
la peau, l’homme entier,
son visage, son ombre.
Et tout se transmet :l’infini chante.

 

 

 

 

 

 

dessin inspiré du poème Mais Dieu, de Juan Ramon Rimenès (traduction Claude Coulon)

 Mais Dieu ?
J’existe, et je suis à présent
dans les bras de mon amour qui
existe, et qui est là présent
dans mes bras.
Mais Dieu ?
Il existe, il est là présent
dans l’étreinte de nos deux êtres,
elle et moi unis dans le tout
fondus
perdus
et le néant de l’aujourd’hui.

 

 

les orantes, 2009

 

 

Orante XV, huile sur carton toilé, 81 x 65 cm, 2009

La série des Orantes comporte une vingtaine de peintures, et une dizaine de dessins. 2009. 

 

Orante IV, fusain, 19 x 23 cm, 2007

 

 

Arbre en fleur I, fusain, 19 x 25 cm, 2007

 

 

Les Orantes, église Sainte Marguerite, 2010.

amaryllis, 2009

 

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Amaryllispointes sèches sur zinc, 20 x 20 cm, 2009. 

 

 

 

amaryllis III, pointe sèche sur zinc, 2009

 

Ce travail sur les Amaryllis m’a évoqué une lecture de Christian Bobin, dont voici un extrait.

mardi 9 avril

A la question toujours encombrante : qu’est-ce que tu écris en ce moment, je réponds que j’écris sur des fleurs, et qu’un autre jour je choisirai un sujet encore plus mince, plus humble si possible. Une tasse de café noir. Les aventures d’une feuille de cerisier. Mais pour l’heure, j’ai déjà beaucoup à voir : neuf tulipes pouffant de rire dans un vase transparent. Je regarde leur tremblement sous les ailes du temps qui passe. Elles ont une manière rayonnante d’être sans défense, et j’écris cette phrase, sous leur dictée : « Ce qui fait événement, c’est ce qui est vivant, et ce qui est vivant, c’est ce qui ne se protège pas de sa perte. » 

Christian Bobin, Autoportrait au radiateur, Gallimard, page 11.

amaryllis VI, pointe sèche sur zinc, 2009