Profils, 2014

 

profil XIII, Marjolaine Pigeon, gauche et encre, 17 x 11 cm, 2014

Profils, encre, gouache et acrylique sur papier. 17 x 11 cm, 2014.

 

Profil IX, Marjolaine Pigeon, gauche et encre, 17 x 11 cm, 2014profil XVII, Marjolaine Pigeon, gouache et encre, 17 x 11 cm, 2014Profil XVIII, Marjolaine Pigeon, gouache et encre, 17 x 11 cm, 2014

Ma peinture est témoin d’un combat entre la douleur et la joie. Porteuse d’une grande douleur, et d’une grande joie. Peut-être dit-elle aussi le lent passage de l’une vers l’autre.

Je ne veux pas précipiter les choses. Une œuvre, c’est une vie, c’est le temps d’une vie. Quand le sombre est là, la gravité, je sais que la lumière, plus tard, fera jour dans la peinture. Je veux qu’elle vienne naturellement, non par l’intellect, mais par l’âme.

journal, avril 2015.

profil XVI, Marjolaine Pigeon, gouache et encre, 17 x 11 cm, 2014

 

Passages, 2013

 

 Passage XVIII, Marjolaine Pigeon, huile sur toile, 97 x 130 cm, 2013 Passage XIX, huile sur toile, 97 x 130 cm, 2013

 

Passage XVII, huile sur toile, 97 x 130 cm, 2013

 

Passage XIX, Marjolaine Pigeon, huile sur toile, 97 x 130 cm, 2014

 

Marjolaine Pigeon, Passage XXIX, huile sur toile, 2014

 

Passages XVIII, huile sur toile, 97 x 130 cm, 2013
Passages XVII, huile sur toile, 97 x 130 cm, 2013
Passages XIX, huile sur toile, 97 x 130 cm, 2014
Passages XXIX, huile sur toile, 19 x 24 cm, 2014

Passage, livre pauvre, sur un poème de Paul Guillon, 2013

 

Passage est un livre pauvre, réalisé en collaboration avec le poète Paul Guillon, 2013.

 

Les livres pauvres sont nés en 2003 d’une idée de Daniel Leuwers.

Il s’agit de feuilles pliées associant des mots manuscrits d’écrivains et des dessins d’artistes.Il en existe maintenant plus de 1000 dans la collection, qui a déjà accueilli des écrivains tels : Althen, Bobin, Bonnefoy, Butor, Chedid, Cheng, Deguy, Dupin, Gaspar, Goffette, Huston, Mizon, Oster, Pirotte, Stétié, Tournier, Velter… Et des artistes tels Alechinsky, Buraglio, Cueco, Hollan, Leick, Rouan, Schneider, Slacik, Titus-carmel, Velickovic…Ils font l’objet d’expositions régulières au Prieuré de Saint-Cosme (près de Tours) – lieu où est mort Ronsard – et d’expositions itinérantes.

« Il peut sembler surprenant d’appeler livre « pauvre » un  livre d’artistes : on range généralement ce genre d’ouvrage parmi des objets de luxe. La « pauvreté » est ici liée au fait que sa réalisation matérielle ne coûte que peu d’argent. Ecrit de la main du poète et enluminé d’œuvres originales par un plasticien, le livre pauvre s’affranchit des circuits habituels du livre : ni éditeur, ni imprimeur, ni diffuseur, ni distributeur, ni libraire. Il suffit que de simples feuilles de papier soient découpées puis pliées pour que l’œuvre commence à exister. Cette pauvreté apparente bénéficie pourtant de rares atouts : l’écriture manuscrite, l’intervention originale de l’artiste et le nombre réduit d’exemplaires (entre trois et six). Enfin, paradoxalement, s’il est propre à attirer la convoitise des bibliophiles, le livre pauvre préfère la libre circulation en s’exposant en France et à l’étranger au plus large public. C’est dans une telle démarche de liberté, de métissage et de jeu créatif que Daniel Leuwers, son concepteur, inscrit cette aventure depuis près de 10 ans. »

Les très riches heures du livre pauvre, Gallimard.

Bibliographie 

Le livre pauvre, Tarabuste, 2003
Livre pauvre / livre riche, Somogy, 2006

Richesse du livre pauvre, Gallimard, 2008
Les très riches heures du livre pauvre, Gallimard, 2011

Passages, les eaux

 

Passage X, Marjolaine Pigeon, huile sur toile, 81 x 100 cm, 2013

Après que cette série ait été faite, j’ai eu l’occasion de lire ces lignes de Novalis, si proches de ces peintures qu’elles semblent les avoir inspirées.

Le jeune homme se perdit peu à peu en de douces visions et s’endormit. Il rêva d’abord de distances infinies, de contrées sauvages et inconnues. Il marchait, traversant des mers avec une facilité incompréhensible.(…). Tous les sentiments s’exaltèrent en lui jusqu’à un degré qu’ils n’avaient jamais atteint. Il vécut une existence infiniment mouvementée, mourut et revint à la vie, aima d’une passion poussée jusqu’à l’extrême, et fut ensuite séparé, pour l’éternité, de celle qu’il aimait. A l’approche du matin, lorsque dehors l’aube se mit à poindre, le calme revint dans son âme, les images se firent plus nettes et plus stables. Alors, il lui sembla qu’il marchait seul dans une forêt obscure. Le jour ne perçait qu’à de rares intervalles le vert réseau du feuillage. Bientôt il arriva devant une gorge rocheuse qui montait à flanc de coteau. Il lui fallut escalader des blocs couverts de mousse qu’un ancien torrent y avait entrainés. A mesure qu’il grimpait, la forêt s’éclaircissait. (…) Il aperçut une ouverture qui semblait être l’entrée d’une galerie taillée dans le roc. il suivit un certain temps ce couloir souterrain qui le conduisit dans difficulté vers une grande salle d’où lui parvenait de loin l’éclat d’une vive clarté. En y entrant, il vit un puissant jet d’eau qui, paraissant s’échapper d’une fontaine jaillissante, s’élevait jusqu’à la paroi supérieure de la voûte, s’y pulvérisait en mille paillettes étincelantes qui retombaient toutes dans un vaste bassin ; la gerbe resplendissait comme de l’or en fusion ; on n’entendait pas le moindre bruit, un silence religieux entourait ce spectacle grandiose. Il s’approcha de la vasque qui ondoyait et frissonnait dans un chatoiement de couleurs innombrables. Les parois de la grotte étaient embuées de ce même liquide qui n’était pas chaud, mais glacé, et n’émettait sur ces murailles qu’une lueur mate et bleuâtre. Il plongea sa main dans la vasque et humecta ses lèvres. Ce fut comme si un souffle spirituel le pénétrait : au plus profond de lui-même il sentit renaître la force et la fraîcheur. Il lui prit une envie irrésistible de se baigner ; il se dévêtit et descendit dans le bassin. Alors il lui sembla qu’un des nuages empourprés du crépuscule l’enveloppait ; un flot de sensations célestes inondait son cœur, mille pensées s’efforçaient, avec une volupté profonde, de se rejoindre en son esprit (…).

Heinrich von Ofterdingen, Novalis

Passage X, Marjolaine Pigeon, huile sur toile, 60 x 73 cm, 2013


Passage IV
, huile sur toile, 81 x 100 cm, 2013
Passage X, huile sur toile, 60 x73 cm, 2013

 

pages de carnet, 2012

page de carnets, pastels secs, 2012 page de carnet, pastels secs, 2012

(…) te poursuivant dans le vertige immobile, t’écrivant malgré tout, voyant ton vide prendre forme, la poche d’ombre s’animer, jeter son encre sous mes yeux, m’aveugler d’une lenteur noire et battante, cœur dans les bruits dérisoires, je te sens, tu es là, bientôt tu vas monter, l’obscur dessinera l’ovale d’une tête, l’échancrure des jambes, les bourgeons des doigts, je te vois maintenant, je te parle pour ne pas me perdre et, ce soir, c’est toi qui m’enfantes, un instant j’échappe à ma mémoire, au ressassement de mon étroitesse, de mes peurs, de mes désirs, je me lève sur les débris des heures, l’encre brille, un train m’invite au voyage, demain le jour naîtra, ce sera ton visage

extrait de Tendresse, Jacques Ancet, éditions Publie papier
texte lu après avoir réalisé ces dessins.