Blessée rouge, livre pauvre, sur un poème de Salah Stétié, 2016

Blessée rouge, livre pauvre avec Salah Stétié, pastels secs, 2015

 

Les livres pauvres sont nés en 2003 d’une idée de Daniel Leuwers.

Il s’agit de feuilles pliées associant des mots manuscrits d’écrivains et des dessins d’artistes.Il en existe maintenant plus de 1000 dans la collection, qui a déjà accueilli des écrivains tels : Althen, Bobin, Bonnefoy, Butor, Chedid, Cheng, Deguy, Dupin, Gaspar, Goffette, Huston, Mizon, Oster, Pirotte, Stétié, Tournier, Velter… Et des artistes tels Alechinsky, Buraglio, Cueco, Hollan, Leick, Rouan, Schneider, Slacik, Titus-carmel, Velickovic…

Ils font l’objet d’expositions régulières au Prieuré de Saint-Cosme (près de Tours) – lieu où est mort Ronsard – et d’expositions itinérantes.

« Il peut sembler surprenant d’appeler livre « pauvre » un  livre d’artistes : on range généralement ce genre d’ouvrage parmi des objets de luxe. La « pauvreté » est ici liée au fait que sa réalisation matérielle ne coûte que peu d’argent. Ecrit de la main du poète et enluminé d’œuvres originales par un plasticien, le livre pauvre s’affranchit des circuits habituels du livre : ni éditeur, ni imprimeur, ni diffuseur, ni distributeur, ni libraire. Il suffit que de simples feuilles de papier soient découpées puis pliées pour que l’œuvre commence à exister. Cette pauvreté apparente bénéficie pourtant de rares atouts : l’écriture manuscrite, l’intervention originale de l’artiste et le nombre réduit d’exemplaires (entre trois et six). Enfin, paradoxalement, s’il est propre à attirer la convoitise des bibliophiles, le livre pauvre préfère la libre circulation en s’exposant en France et à l’étranger au plus large public. C’est dans une telle démarche de liberté, de métissage et de jeu créatif que Daniel Leuwers, son concepteur, inscrit cette aventure depuis près de 10 ans. »

Les très riches heures du livre pauvre, Gallimard.

Bibliographie Le livre pauvre, Tarabuste, 2003
Livre pauvre / livre riche, Somogy, 2006
Richesse du livre pauvre, Gallimard, 2008
Les très riches heures du livre pauvre, Gallimard, 2011

Soleils, 2015

 

Marjolaine Pigeon, Soleil XVI, 2015

 

Le soleil jaune, aussi lumineux que le fin crâne rayonnant, matrice originelle, première palpitation d’un être.

Le soleil vert à faire grandir le jour si vaste qu’il fusionne à s’y perdre.

Le rayon vert épandu, d’une modulation de vert et de rose telle que l’on ne sait si elle nous vient de Masaccio ou du Véronese de l’orgue de Saint Alvize, aux vibrations si infimes qu’elles ouvrent un chant infini.

Sur le Pont Royal le soleil blanc cerclé d’un blanc au delà du blanc, tel qu’il  traverse et vient au devant des branches des arbres froids.

Le soleil rouge sur le Pont-Neuf, le Bengladesh d’ici venant au-dedans.

Du soleil reste la lumière où l’on se fond, comme si nous venions d’une graine de soleil qui éclate, s’épand, se dilate dans l’espace.

Du soleil, Marjolaine Pigeon peint le germe, l’instant jubilant de lumière d’un regard intérieur. Elle transmet une lumière qui peu à peu vient en nous. Une peinture infiniment subtile du peu, du plein, du soleil bleu du ciel. La couleur arrache la paix.

Jeanne Gatard

 

Marjolaine Pigeon, Soleil IV, 2015

Soleils VI, encres sur papier, 2015

Soleils, encre sur papier, plus ou moins 29 x 31 cm, 2015

 

Profils, 2014

 

profil XIII, Marjolaine Pigeon, gauche et encre, 17 x 11 cm, 2014

Profils, encre, gouache et acrylique sur papier. 17 x 11 cm, 2014.

 

Profil IX, Marjolaine Pigeon, gauche et encre, 17 x 11 cm, 2014profil XVII, Marjolaine Pigeon, gouache et encre, 17 x 11 cm, 2014Profil XVIII, Marjolaine Pigeon, gouache et encre, 17 x 11 cm, 2014

Ma peinture est témoin d’un combat entre la douleur et la joie. Porteuse d’une grande douleur, et d’une grande joie. Peut-être dit-elle aussi le lent passage de l’une vers l’autre.

Je ne veux pas précipiter les choses. Une œuvre, c’est une vie, c’est le temps d’une vie. Quand le sombre est là, la gravité, je sais que la lumière, plus tard, fera jour dans la peinture. Je veux qu’elle vienne naturellement, non par l’intellect, mais par l’âme.

journal, avril 2015.

profil XVI, Marjolaine Pigeon, gouache et encre, 17 x 11 cm, 2014