Diastole, vidéo, 2017

 

 

 

Diastole, vidéo, 1min 17, 2017

 

La diastole, (du grec διαστολή qui signifie extension), est la période au cours de laquelle le cœur se relâche après s’être contracté.
Alors que le cœur permet l’existence, c’est ici le secret intérieur qui se révèle. L’ouverture du cœur, symbolisée par ces mains en mouvement lent, révèle le foyer, le creuset, la part intime de l’être. Leur couleur porte la vie vibrante. Mystérieuse, cette couleur présente, intense, violente, revient dans mon travail, de manière lumineuse et sombre à la fois.
Le pastel est pour moi le minéral originel, la terre-mère. Comme l’homme laisse sa trace sur l’argile (Penone) la poudre-terre imprègne la main qui œuvre, et nous rappelle sa primauté.
Les mains sont l’image de l’être entier. Dans la série Hommage à Franz Schubert, Auf dem Wasser zu singen, elle sont don jusqu’à la mort. Dans Diastole, j’ai cherché la dimension spirituelle qui habite l’être humain et son abandon éphémère.

M.P.

 

un carnet, 2017

 

Carnet, pastels secs, photographies, 18 x 14 cm (ouvert), 2017

 

Les carnets sont les lieux de mes pérégrinations, la cartographie de ma géographie intérieure.
Celui-ci s’ouvre sur la phrase Pourquoi suis-je si émue de voir un homme pleurer ? Il exprime la fissure dans la carapace du paraître, un débordement qui donnera à l’homme de vivre un état de dénudation / renaissance dont il sortira transfiguré.
La littérature vient régulièrement nourrir mon travail. Ici, mes dessins font des échos à Vendredi ou les limbes du Pacifique (Michel Tournier) et aux retours de Vendredi dans les eaux sombres dans lesquelles il s’abandonne à ce qu’il y a d’obscur en lui, à Henri d’Ofterdingen, (Novalis) et au jaillissement de la lumière reçue à l’issue du chemin parcouru, à L’exil et le royaume (Camus) et à l’appel à la brèche, à l’ouverture en soi.
Mes figures, dressées devant le sublime, héroïques, et ces lignes verticales gravées sur les photographies m’évoquent l’Axis mundi, l’alignement qui permet de s’unir à la terre et aux cieux.
Ce carnet est le fil d’une réflexion. En miroir se renvoient des images intérieures, qui conjuguent dialectiquement l’infiniment petit et l’infiniment grand, l’être-en-soi et l’être-au-monde, l’infiniment intérieur et l’infiniment ouvert.

M.P.

 

les Atlantes

Les Atlantes, pastel sec, 79 x 108 cm, 2017

De 2011 à 2014, j’ai travaillé sur la naissance, les naissances, comme phénomènes organiques et psychologiques, comme traversées, révélations, réinventions. Elles sont passages de l’ombre vers la lumière.
Depuis peu, les cavités s’explorent pour elles-mêmes, la forme s’élargit, le féminin devient masculin.

Percevoir l’œuvre demande une volonté. L’œil doit se faire à la densité du pastel, à la proximité de valeur entre les tons. Surgit alors une représentation de la force : vigueur des dos qui tiennent, soutiennent, force des flots, de l’arbre, jaillissement, énergie primordiale et universelle.
Cette forme est apparue et s’est répétée de manière persistante, (elle m’évoque la Colonne sans fin de Brancusi) de l’épuration de la forme organique à la recherche de la forme essentielle.

M.P